Gare aux esthéticiennes du dimanche

Depuis quelques années, une nouvelle forme de concurrence est apparue: des femmes proposent des soins et des prestations à domicile avec vente de produits, sans justifier d’un diplôme d’esthétique. La plupart se pensent aptes à exercer avec une simple formation. Jusqu’où va l’« arnaque » de ces fausses esthéticienne ? 

Il semble qu’un vent de dumping – vente à perte- souffle sur le secteur de la beauté. Cela est-il causé par la crise ou par un manque de vigilance de la part des pouvoirs publics ?

Le danger des réseaux

Des petites annonces de prestations esthétiques et beauté à domicile se font de plus en plus présentes, et cela grâce à l’essor des réseaux sociaux. En effet, il est facile de promouvoir un dit savoir-faire grâce à quelques photos et avis donnés sur les réseaux.

Bien évidemment, ces prestations sont proposées à prix cassés afin d’attirer la clientèle en manque de budget mais voulant se faire chouchouter. On retrouve alors des massages d’ une heure à 40 euros , une beauté des pieds à 20 euros (comme le propose Melle L. sur Instagram), une épilation jambe ou bras entiers à 10€, une épilation visage entier à  15 euros et autres prestations pratiquées sans diplôme et promues par des jeunes filles sur Instagram.

Les prestations esthétiques ne sont pas les seules à être exercées sans diplôme. On y retrouve aussi des prestations de chirurgie esthétique pratiquées par des personnes n’étant pas médecin.

Le trafic d’une esthéticienne Toulousaine

C’est le cas d’une esthéticienne d’une trentaine d’années placée en garde à vue le jeudi 09/12/2021. La jeune femme est poursuivie pour exercice illégal de la médecine. L’intéressée proposait ses prestations d’injections de Botox entre 250 et 400€ sur les réseaux sociaux, notamment Snapchat et Instagram, sans avoir de diplôme.

Deux de ces clientes, ayant donc payé les services de cette jeune femme, ont signalé les pratiques de cette esthéticienne et notamment la qualité des produits injectés. L’ordre des médecins, mis au courant des fait a saisis le parquet de Toulouse. Ce dernier a alors ouvert une enquête, donnant véracité aux faits.

Le problème dans toute cette affaire est que, pour réaliser ce type d’injections, un diplôme de médecine est nécessaire. Cette trentenaire, à la tête d’un institut d’esthétique à Toulouse, ne possédait que de fausses « certifications » et aucun vrai diplôme.

 Suite à son interpellation pour pratique illégale de la médecine, elle est entendue. En audition, la jeune femme explique qu’elle ignorait qu’un diplôme était nécessaire pour pratiquer ce type d’injections. Elle pensait que sa formation d’esthéticienne était suffisante pour réaliser de tels actes. L’esthéticienne toulousaine a confié qu’elle s’était procuré les produits à l’étranger via internet. Elle est repartie du commissariat avec une convocation devant le tribunal en février prochain.

Elément pourtant non négligeable, le délit d’exercice illégal de la médecine est réprimé par le Code de la santé publique et est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende.

Les risques liés à des mauvaises prestations

Vous vous en doutez, si ces prestations demandent des diplômes et des formations spécifiques cela est dû à une bonne raison. Ces mauvaises pratiques engendrent des risques pour la santé. Les risques peuvent certes être minimes, mais ils peuvent également être graves.

Il est donc nettement préférable de chercher les bons renseignements avant de se faire juste remplir les lèvres à l’acide hyaluronique, se faire rapidement rehausser les sourcils à la colle ou encore se faire poser des faux ongles.

L’exemple des faux ongles :

Une pose de faux ongles (capsule, gel, chablon, etc.) réalisé au-delà de la limite de l’ongle naturel ou des cuticules, peut causer une inflammation locale, une chute de l’ongle naturel, voire éventuellement des paresthésies au bout des doigts (sensibilité anormale de la peau). Autres désagréments possibles des allergies au gel, à la colle ou à la résine.

Autre risque, l’infection de l’ongle naturel, le plus souvent due à un champignon (mycose), qui se manifeste notamment par son changement de couleur (jaune ou verdâtre…) et une inflammation autour de l’ongle.

Les manières de retirer les poses d’ongles sont à connaître : Avec un solvant à base d’acétone pour  la résine auto-durcisseuse (technique dite des « ongles sculptés ») et par ponçage puis limage pour le gel durcissant sous UV. Attention, Un limage trop agressif, avant ou au retrait de la pose, fragilise l’ongle qui peut se décoller.

Si des anomalies surviennent après une prestation ongles, et il est recommandé de faire enlever les faux ongles par un professionnel (esthéticiennes et/ou personnes ayant un certificat de qualification professionnelle de styliste ongulaire), voire de consulter un médecin (dermatologue ou médecin traitant) par la suite.

Se faire remplir les lèvres à l’acide hyaluronique

Le meilleur moyen de ne pas être déçu est de s’adresser à un professionnel du domaine, à savoir un médecin.

Ce que le patient considère comme un traitement non réussi est le plus souvent en réalité́ soit un manque de résultat, soit un résultat qui ne dure pas ou un résultat inesthétique. Pourtant, cela peut donner lieu à des conséquences plus grave comme : la paralysie de la moitié du visage provoquée par une injection faite trop bas, des lèvres déformées ou des capsules dures dans la bouche causée non par de l’acide hyaluronique mais par une substance non conforme, etc.

Bien évidemment, dans ces cas-là, les produits ne sont pas annoncés aux clientes et n’ont pas leur étiquette de traçabilité. Remonter à l’origine du produit pour appliquer les bons soins de rattrapage devient alors impossible.

En résumé: méfiez-vous des résultats obtenus par des influenceuses ou sur Instagram, toutes les peaux sont différentes et les résultats varient aussi en fonction de la sensibilité de chacun. Mieux vaut commencer petit à petit, et ajuster si besoin au fil du temps. Cela évitera, les allergies, les infections, les brûlures ou les problèmes plus graves comme la paralysie, les déformations, etc.

Une loi claire

Les pratiques douteuses et dangereuses pullulent  ! Pourtant, elles sont sanctionnées par la loi :
L’article 1 de la loi du 5 juillet 1996 et son décret d’application du 2 avril 1998 exigent au minimum le CAP d’Esthétique Cosmétique pour effectuer des soins. Toute situation de non-respect de la loi peut être déclarée à la CNAIB. Une personne est en charge des aspects juridiques de la profession et des plaintes relatives à son exercice illégal.

Pour information, exercer des prestations esthétiques sans qualifications est passive d’une amende de 7500€, la fermeture pour une durée de 5 ans des établissements ayant servi à commettre les faits, l’affichage ou la diffusion de la décision prononcée. Au surplus, si l’activité est exercée par l’intermédiaire d’une personne morale (société par exemple) cette dernière peut-être condamnée à une amende de 37500€.

Pour ce qui est de l’exercice illégal de la médecine, il est réprimé par le Code de la santé publique et est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende.

A méditer…

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